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Sommes-nous prêts pour un virage durable ?

Bon, que diriez-vous de faire une pause de COVID-19 pour porter notre regard sur notre consommation responsable. Avec le plan d’économie verte du gouvernement du Québec et l’annonce de la fin des véhicules à essence d’ici 2035, quelles seront les transformations concrètes dans le commerce de détail?

 

Où sont rendus les consommateurs ?

L’Observatoire sur la consommation responsable de l’UQAM révélait que 80% des Québécois croient que la consommation responsable est un segment en croissance. Et presque autant sont convaincus qu’elle contribue positivement à l’économie du Québec. En revanche, deux personnes sur trois déplorent que les commerçants n’offrent pas suffisamment de produits durables. Cette prise de conscience activiste va forcer l’industrie du commerce de détail à répondre aux aspirations environnementales des jeunes. Aujourd’hui, la génération Z et les millénariaux représentent 40% des consommateurs mondiaux. Et ils ne sont pas les seuls à se préoccuper de l’impact de notre mode de vie sur la planète. Si la majorité d’entre eux sont prêts à payer 10% de plus pour des produits durables, le tiers de la génération X et le quart des baby-boomers le sont aussi.

 

Millénariaux et génération Z : vecteurs de la prise de conscience écologique

Leur influence va continuer de grandir et de dicter les nouvelles manières de faire pour mieux consommer. À égalité avec les millénariaux, près de 60% des personnes de la génération Z préfèrent acheter auprès de marques durables. Et son pouvoir d’achat ira en augmentant alors que cette génération fait son entrée sur le marché du travail. Paradoxalement, le prix a encore beaucoup d’importance. Les jeunes sont les plus grands consommateurs de fast fashion, cette mode accessible à des prix inégalés par le passé. On estime qu’une personne qui vit dans un pays développé va consommer environ 3000 articles de mode au cours de sa vie. C’est le grand défi que les détaillants devront relever pour combiner accessibilité et écoresponsabilité.

 

Trois marques qui retiennent notre attention

Force est d’admettre que les grandes chaînes entrent tranquillement dans la danse, mais les leaders de la mode jetable ont encore beaucoup de boulot. Malgré les efforts des marques et nos envies de consommer de manière plus vertueuse, il y a tout un changement à opérer. Ce sont du moins les conclusions d’une étude menée par Lectra et Retviews, parue en juillet dernier.

 

Uniqlo : changer le monde un vêtement à la fois

Arrivée à Montréal à la fin octobre, Uniqlo se positionne en force avec sa promesse «Libérer le pouvoir de l’habillement». Quoique seulement 2% de son offre soit durable, la marque veut, à sa manière, changer le monde, par la façon dont on s’habille ou on fabrique les vêtements. La stratégie de M. Yanai, président d’Uniqlo, est de continuer d’offrir une mode accessible, mais qui a une plus grande durée de vie.

Semblable au modèle de H&M, le service RE.Uniqlo permet aux gens de faire don de leurs vêtements, redistribués ensuite dans des organismes de bienfaisance. L’entreprise a aussi commencé à recycler ses populaires produits en duvet et a développé DRY-EX, un textile performant utilisant des fibres de polyester venant de bouteilles de plastique. Un produit porté fièrement par un de leurs ambassadeurs, le joueur de tennis Roger Federer.

 

L’approche durable d’IKEA

Des avancées encore plus importantes ont lieu dans le secteur de la maison. IKEA en aura peut-être surpris plus d’un avec l’annonce récente d’un nouveau concept de meubles et d’accessoires d’occasion. Oui, oui, vous avez bien lu! Et la bannière suédoise a choisi son emplacement avec soin, au centre ReTuna. C’est le premier complexe commercial au monde entièrement consacré au recyclage, à l’upcycling (réutilisation) et au zéro déchet. IKEA souhaite utiliser sa notoriété pour inciter plus de gens à vivre une vie «durable». Elle a toujours été avant-gardiste et ouvre la voie à une vraie transition vers un modèle commercial durable.

Ce magasin d’occasion fait partie d’un projet d’innovation global au sein d’IKEA, visant à tester et à développer un modèle commercial circulaire et rentable pour l’avenir. D’ailleurs, IKEA s’est engagée à ce que tous ses produits, d’ici dix ans, soient conçus selon des principes d’économie circulaire. Ils auront une plus longue durée de vie, en plus d’être faits à partir de matériaux renouvelables et recyclés.

 

Simons et son engagement écoresponsable

La stratégie de la Maison Simons est de loin l’une des plus intéressantes en matière de mise en marché. Premièrement, les articles durables, que ce soit des vêtements ou des produits pour la maison, constituent une offre significative. Nous disions plus tôt que les consommateurs déploraient le manque d’offre en termes de produits durables. Est-ce vrai? Ou les produits sont-ils mal communiqués?

C’est là où Simons marque des points. Au lieu de diluer ses articles à travers l’ensemble de son offre, la marque les a positionnés bien en évidence pour nous aider à mieux consommer. Toute une section de son site est d’ailleurs consacrée aux artisans d’ici. Sous l’appellation «La Fabrique 1840», Simons mise sur le développement d’une offre locale pour nous faire découvrir la richesse et la fragilité de notre nature. Même l’emballage de certains produits est compostable et réutilisable, comme ceux de la charmante marque Atoca.

 

Et si on commençait à mieux consommer maintenant pour la période des Fêtes? Comme le dit si bien Simons: présent éco = bonheur durable.